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Bioclimatique






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Introduction
Tout bâtiment s’inscrit dans un environnement avec lequel il
interagit et entretient un ensemble plus ou moins harmonieux de relations. La
prise en compte du climat se place au cœur de ce dialogue entre l’architecture
et son environnement dans un souci de création d’espaces de vie qui évoluent au
fil des heures. L’architecture climatique ou le bioclimatisme concrétise cette
volonté d’accorder une juste place au climat parmi les dimensions fondamentales
de l’architecture. Elle replace l’acte d’habiter un bâtiment dans un contexte
dynamique, où l’enveloppe (au sens large) du bâtiment est considérée comme une
troisième peau, après la nôtre et les vêtements, qui joue le rôle de médiateur
entre le climat extérieur et une ambiance intérieure. Ainsi, un bâtiment
bioclimatique présente des aspects largement positifs tant sur la sensation de
confort des occupants que sur la consommation d’énergie.
L’objectif de l’architecture climatique est la recherche de la
meilleure adéquation entre la conception et la construction de l’habitat, le
climat et l’environnement dans lequel il s’implante, et l’habitant et ses
rythmes de vie. La conception est à comprendre comme la création et l’agencement
des espaces, tandis que la construction recouvre les matériaux utilisés et leurs
caractéristiques physiques, ainsi que leur mise en œuvre. Dans certains climats,
en respectant uniquement ce premier objectif, il y a moyen d’être tout à fait
autonome au point de vue énergétique : c’est le cas dans les climats chauds et
secs. Une conception et une construction appropriées du bâtiment éliminent le
besoin de chauffer ou de refroidir le bâtiment.
De manière générale, les conditions climatiques d’un lieu se
scindent en contraintes dont on désire se protéger et en avantages qu’on désire
exploiter parce qu’elles rencontrent les critères de confort des individus. La
conception des espaces extérieurs privés ou publics devra également tenir compte
des facteurs climatiques pour un meilleur confort de l’individu. Ce dernier
point est particulièrement important dans les pays chauds où la vie à
l’extérieur est parfois bien plus importante qu’a l’intérieur des bâtiments.
Stratégies et concepts
Les concepts de l’architecture climatique peuvent se regrouper en
fonction de trois stratégies suivantes :
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La
stratégie du chaud, lorsqu’il est nécessaire de chauffer le bâtiment. Cette
stratégie recouvre les concepts de captage de l’énergie solaire, son stockage,
sa distribution et sa conservation.
-
La
stratégie du froid, lorsqu’il est nécessaire de refroidir le bâtiment. Cette
stratégie fait appel aux concepts de protection vis à vis de rayons solaires, de
minimisation des sources d’augmentation de température, de dissipation de la
chaleur excessive. Pour les climats chauds, il faut veiller particulièrement à
éviter les apports de chaleur provenant des parois et des toitures échauffées
par le soleil. Il est également possible d’augmenter la vitesse de l’air et de
le refroidir naturellement par des dispositifs extérieurs comme des plans d’eau,
des fontaines, de la végétation…ou encore tirer avantage des radiations
nocturnes vers la voûte céleste.
-
La
stratégie de l’éclairage naturel. Cette stratégie couvre les concepts de captage
de la lumière naturelle dans toutes les directions, la pénétration de cette
lumière dans le bâtiment, sa répartition sur l’ensemble des surfaces intérieures
des locaux et sa focalisation par des techniques appropriées. La pénétration du
rayonnement solaire peut être la cause de gêne visuelle. On peut s’en protéger
par la construction d’éléments d'architecture fixes (surplombs, murs de refend,
débords de toiture, etc.) associés ou non à des écrans mobiles tels que
marquises, volets ou stores.
Avantages, contraintes et limites
Les avantages d’une architecture climatique sont multiples, nous
citons à titre d’exemple :
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La
possibilité, pour l’architecte, d’intégrer les concepts du bioclimatisme dans sa
propre démarche de conception,
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L’application des concepts tant à la construction neuve qu’à la rénovation,
-
La
possibilité de donner à l’occupant l’occasion de (re)trouver les rythmes
climatiques journaliers et saisonniers,
-
Les
économies d’énergie de chauffage, de refroidissement et d’éclairage artificiel,
-
La
faiblesse du surinvestissement.
Toutefois certaines contraintes et limites peuvent entraver le
développement du bioclimatisme, parmi lesquelles :
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La
nécessité d’intégrer un système d’ombrage des parties vitrées et un système de
ventilation mécanique, pour éviter les surchauffes, dans certains cas extrêmes ;
-
L’apparition de certaines carences dans les connaissances microclimatiques et
physiques de certains sites non couverts ;
-
La nécessité de modifier les habitudes et les modes de vie des habitants ;
-
La
modification de la conception des bâtiments.
Conclusion
La prise en compte des stratégies et des concepts visent à
harmoniser les rapports de l’habitat (au sens large) aux moyens d’assurer le
chauffage, le refroidissement et l’apport de lumière naturelle. Elle veut
concrétiser des espaces de vie en concordance avec leur environnement.
L’architecture qui prend en compte ses préoccupations climatiques n’est pas
seulement économe en consommation d’énergie, elle répond aussi de manière plus
naturelle aux besoins des occupants et aux variations journalières des
conditions climatiques. Dans des bâtiments de plus en plus étanches, il sera
judicieux de mieux les prendre en compte, particulièrement dans les bâtiments du
tertiaire, car ils constituent souvent une charge supplémentaire en été mais des
apports exploitables en hiver.
Face aux connaissances actuelles, des carences apparaissent
encore : les données microclimatiques d’un site, les mouvements d’air à
l’intérieur des locaux, l’optimisation de la combinaison des trois stratégies,
etc.
Vous pouvez
télécharger cette plaquette sur le bioclimatisme en format pdf :

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